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Permis de restauration au Québec : lequel te faut-il ?

Par Pete Ross14 septembre 202610 min de lecture
Des formulaires de permis et un trousseau de clés sur une table de restaurant avant l'ouverture

Au Québec, le permis de restauration, c'est le permis alimentaire du MAPAQ. Préparation générale : 367 $, plus 144 $ d'ouverture de dossier la première fois, délivré en 2 à 6 semaines. Voilà la réponse courte. La réponse utile, c'est que ce permis-là n'est qu'un des sept guichets que tu dois visiter, et que ce n'est pas lui qui va décider de ta date d'ouverture.

Le problème n'est pas que l'information manque. Elle est toute en ligne, sur des sites officiels, gratuite. Le problème, c'est que chaque site te parle de son permis à lui. Aucun ne te dit lequel s'applique à ton format, dans quel ordre les demander, ni lequel va te faire attendre trois mois pendant que tu paies un loyer sur un local vide.

« Permis de restauration » ou « permis de restaurant » ? Ce n'est pas pareil

Commençons par le piège qui attrape tout le monde, y compris Google.

Le permis de restauration vient du MAPAQ. C'est le permis alimentaire. Il t'autorise à préparer et à vendre de la nourriture. Sans lui, tu ne sers pas un seul plat.

Le permis de restaurant vient de la RACJ, la Régie des alcools, des courses et des jeux. C'est un permis d'alcool. Il t'autorise à vendre ou à servir des boissons alcooliques dans un établissement dont l'activité principale est la nourriture.

Deux noms quasi identiques, deux ministères, deux formulaires, deux factures, deux délais. Cherche « permis de restauration » et tu vas tomber sur les deux dans la même page de résultats, sans que personne t'explique la différence. Un restaurant avec permis d'alcool a besoin des deux. Un café sans alcool n'a besoin que du premier.

Garde la distinction en tête pour le reste de l'article. Tout le monde mélange les deux, et c'est le genre de confusion qui te fait perdre un mois.

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Quels permis te faut-il, selon ton format ?

Ton format détermine ta liste. Un comptoir à emporter de 200 pieds carrés et un bistro de 45 places avec terrasse ne remplissent pas les mêmes formulaires.

Ton format MAPAQ RACJ Ville À prévoir aussi
Restaurant avec salle à manger Préparation générale Permis de restaurant (pour vendre) Occupation + transformation Enseigne, terrasse
Restaurant apportez votre vin Préparation générale Permis de restaurant (pour servir) Occupation + transformation Enseigne
Café sans cuisine, viennoiseries reçues prêtes Maintien au chaud ou au froid Aucun Occupation Enseigne
Comptoir à emporter avec cuisine Préparation générale Aucun, sauf si alcool Occupation + transformation Enseigne
Buffet ou bar à salades libre-service Préparation générale avec buffet Selon le service d'alcool Occupation + transformation Enseigne
Camion de rue Préparation générale Aucun Permis municipal d'exploitation, site par site Cuisine de production
Cuisine fantôme Préparation générale Aucun Occupation, zonage à valider avant le bail Ententes de plateformes
Bar où la nourriture est secondaire Selon la préparation Permis de bar Occupation + transformation Enseigne, terrasse

Les quatre catégories du MAPAQ se choisissent selon ton activité principale, celle qui représente plus de 50 % de ton chiffre. On les détaille une par une dans le guide du permis MAPAQ. Si tu roules en camion, le guide des permis de food truck couvre la couche municipale, qui est la vraie complication de ce format-là. Pour une cuisine sans salle, c'est le guide de démarrage d'une cuisine fantôme.

Combien ça coûte, guichet par guichet

Les chiffres ci-dessous sont ceux affichés en septembre 2026. Les droits de la RACJ sont indexés chaque 1er avril.

Permis Qui le délivre Coût Récurrence
Restauration, préparation générale MAPAQ 367 $ Annuel
Restauration, maintien au chaud ou au froid MAPAQ 283 $ Annuel
Restauration avec buffet MAPAQ 566 $ Annuel
Ouverture de dossier MAPAQ 144 $ Une seule fois
Permis de restaurant, dépôt de la demande RACJ 289 $, dont 120 $ pour l'avis public Une seule fois
Permis de restaurant, droits annuels RACJ 688 $ + 0,75 $ par place, maximum 800 $ Annuel
Cession d'un établissement avec permis d'alcool RACJ 504 $ Une seule fois
Permis d'occupation, transformation, enseigne Ton arrondissement Variable Ponctuel
Licence de musique Entandem (SOCAN + Ré:Sonne) À partir d'environ 250 $ à 400 $, selon la surface et l'usage Annuel

Pour un bistro de 40 places avec permis d'alcool, la première année commence donc autour de 1 500 $ juste en permis provinciaux, avant même de parler des frais municipaux et des travaux. Ce n'est pas la ligne qui va faire ou défaire ton projet. Mais c'est une ligne, et elle revient chaque année. Si tu construis ton budget de démarrage en ce moment, on a fait le calcul complet dans combien ça coûte ouvrir un restaurant au Québec.

Dans quel ordre les demander ?

C'est ici que la plupart des nouveaux propriétaires perdent du temps, et c'est la partie qu'aucun site gouvernemental ne t'explique.

Le permis qui fait peur, c'est celui du MAPAQ. Le permis qui décide de ta date d'ouverture, c'est celui de la RACJ. La Régie annonce un délai moyen de 90 jours pour délivrer un permis de restaurant. Trois mois. Et tu ne peux même pas déposer ta demande tant que la ville ne t'a pas remis ton certificat d'occupation.

Fais le calcul à l'envers à partir de ta date d'ouverture souhaitée et l'ordre devient évident.

  1. Vérifie le zonage avant de signer quoi que ce soit. La carte interactive de ta ville ou le comptoir des permis de l'arrondissement. Un local peut être parfait et ne pas permettre la restauration. Cette vérification est gratuite et elle prend une journée.
  2. Demande ton permis d'occupation. À Montréal, le permis d'occupation pour activité commerciale se demande au comptoir des permis de ton arrondissement. Si tu veux une terrasse un jour, assure-toi que le certificat mentionne une activité de restauration : la ville n'accorde pas de permis de terrasse autrement.
  3. Dépose ta demande de permis d'alcool le jour même, si tu en veux un. L'horloge de 90 jours part de là. Tout ce que tu fais ensuite, travaux, embauche, menu, roule en parallèle.
  4. Obtiens ton permis de transformation si tu touches à la cuisine, à la plomberie, à la ventilation ou à la façade. Souvent exigé en même temps que l'occupation.
  5. Demande ton permis du MAPAQ quand ton local est défini. De 2 à 6 semaines, et il doit être en main avant ton premier client. Ça tombe bien dans la fenêtre des travaux.
  6. Enseigne et terrasse en dernier. Ce sont des permis municipaux distincts, demandés une fois que le reste tient debout.

L'erreur classique, c'est de traiter ces démarches comme une file d'attente : finir l'une, commencer l'autre. Les seules vraies dépendances sont zonage avant bail, occupation avant alcool. Le reste avance en même temps. Un opérateur qui fait sa demande d'alcool en séquence plutôt qu'en parallèle s'ajoute deux mois de loyer sur un local vide, pour rien.

Et si tu reprends un restaurant qui existe déjà ?

Les permis ne viennent pas avec les clés. C'est probablement la chose la plus coûteuse que les nouveaux acheteurs apprennent trop tard.

Le permis du MAPAQ est délivré à l'exploitant, pas à l'adresse. Le restaurant que tu achètes peut rouler depuis quinze ans : tu déposes quand même une nouvelle demande à ton nom, avec les mêmes frais et les mêmes 2 à 6 semaines.

Du côté de la RACJ, le transfert existe, mais c'est une procédure formelle. La cession totale ou partielle d'un établissement coûte 504 $ pour un permis de restaurant, avec avis public et vérifications. Prévois-la dans ta négociation, pas après la signature.

Un conseil qui a l'air évident et que presque personne ne suit : demande à voir les permis actuels et le dernier rapport d'inspection avant de faire une offre. Un local qui a des correctifs en suspens devient ton problème le jour de la prise de possession. Le guide de préparation à une inspection du MAPAQ explique quoi regarder.

Les obligations qui ne s'appellent pas « permis » mais qui bloquent pareil

Ta liste ne finit pas aux permis. Ces obligations n'ont pas le mot dans leur nom, et elles t'arrêtent aussi net.

  • Ton NEQ. Le numéro d'entreprise du Québec, obtenu au Registraire des entreprises. Le MAPAQ le demande dans le formulaire si tu déposes au nom d'une société. À faire en premier.
  • La formation de gestionnaire d'établissement alimentaire. Depuis le 8 juillet 2025, tu n'as plus à fournir le numéro du gestionnaire au moment de la demande, mais l'obligation d'avoir quelqu'un de formé qui supervise l'hygiène et la salubrité tient toujours. Les détails sont dans les normes de sécurité alimentaire.
  • TPS, TVQ et ton système de caisse. Inscription obligatoire, et ton système d'enregistrement des ventes doit être certifié pour le MEV-WEB. La certification est un plancher, pas une garantie que le système convient à ton service : on a lu les 81 fiches pour comparer les SEV certifiés.
  • La CNESST. Inscription dès ton premier employé, avec les retenues à la source qui viennent avec. La checklist du premier employé couvre la séquence.
  • La licence de musique. Si tu fais jouer de la musique en salle, SOCAN et Ré:Sonne facturent ensemble via Entandem. Un petit local part autour de 250 $ à 400 $ par année, et les restaurants relèvent de tarifs qui leur sont propres, calculés notamment à la surface. La musique en direct et la danse se tarifent à part. Personne ne met cette ligne au budget, et la facture arrive quand même.
  • L'affichage et le menu en français. Ce n'est pas un permis, c'est la loi. Les règles de l'affichage extérieur ont changé en juin 2025 et ton menu a ses propres exigences : voir le guide de conformité à la Loi 101.

Ce qui coûte le plus cher, ce n'est jamais le permis

Regarde les montants du tableau plus haut. Pour un bistro de quartier, l'ensemble des permis provinciaux de la première année coûte à peu près ce que coûtent deux services tranquilles. Ce n'est pas là que le projet dérape.

Ce qui coûte cher, c'est le temps mal séquencé. Quatre-vingt-dix jours d'attente à la RACJ qu'on aurait pu faire rouler pendant les travaux. Un bail signé sur un local mal zoné. Un certificat d'occupation qui ne mentionne pas la restauration et qui te ferme la porte de la terrasse pour ta première saison. Une reprise où l'acheteur pensait que les permis suivaient.

Les permis, ce n'est pas la partie difficile d'ouvrir un restaurant. C'est une suite de formulaires, de chèques et de délais connus d'avance. La partie difficile arrive après, quand il faut remplir la salle. Mais un formulaire déposé au mauvais moment peut te coûter deux mois de loyer, et ça, c'est évitable en un après-midi de planification.

Prends une heure cette semaine. Écris ta liste selon ton format, note les délais à côté de chaque ligne, et remonte à partir de ta date d'ouverture. Tu vas voir tout de suite quel formulaire part en premier. Pour le reste de la préparation, la checklist complète pour ouvrir un restaurant au Québec enchaîne avec les étapes qui suivent, et le guide complet donne la vue d'ensemble.

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Sources : Québec.ca, Permis pour préparation d'aliments, restauration ou vente au détail, RACJ, Permis de restaurant, RACJ, Frais et droits payables, Ville de Montréal, Permis d'occupation, Ville de Montréal, Terrasse commerciale, Entandem.


Questions fréquentes

Quel est le prix d'un permis de restauration au Québec ?

Le permis du MAPAQ coûte 367 $ par année pour la préparation générale, 283 $ pour le maintien au chaud ou au froid et 566 $ avec buffet. Ajoute 144 $ de frais d'ouverture de dossier à ta première demande. Le permis d'alcool de la RACJ se facture à part : 289 $ au dépôt, puis 688 $ par année plus 0,75 $ par place.

Quelle est la différence entre un permis de restauration et un permis de restaurant ?

Le permis de restauration vient du MAPAQ et autorise la préparation et la vente de nourriture. Le permis de restaurant vient de la RACJ et autorise la vente ou le service de boissons alcooliques. Un restaurant qui sert de l'alcool a besoin des deux, auprès de deux organismes différents.

Combien de temps ça prend pour obtenir un permis de restauration ?

Compte de 2 à 6 semaines pour le permis du MAPAQ. Le permis d'alcool de la RACJ prend beaucoup plus de temps : 90 jours en moyenne, et tu ne peux pas déposer la demande avant d'avoir ton permis d'occupation municipal. C'est ce délai-là qui fixe ta date d'ouverture réaliste.

Est-ce que le permis suit le restaurant quand je l'achète ?

Non. Le permis du MAPAQ appartient à l'exploitant, pas à l'adresse : tu déposes une nouvelle demande à ton nom, avec les mêmes frais et les mêmes délais. Du côté de la RACJ, la cession de l'établissement coûte 504 $ et suppose un avis public et des vérifications.

Quels sont les permis alimentaires requis au Québec ?

Le MAPAQ délivre quatre catégories de permis de restauration : préparation générale, maintien au chaud ou au froid, et chacune des deux avec buffet. Tu choisis selon ton activité principale. Un café qui reçoit ses aliments déjà préparés n'a besoin que du maintien au chaud ou au froid, à 283 $ par année.

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