Techno resto

Comparatif des logiciels de réservation pour restos au Québec

Par Pete Ross5 août 202623 min de lecture
Comparatif des logiciels de réservation pour restaurants indépendants au Québec

En avril 2026, OpenTable a racheté Libro. Quelques mois plus tôt, DoorDash avait avalé SevenRooms pour 1,2 milliard. Resy fusionne avec Tock cet été. En l'espace d'un an, le marché des logiciels de réservation a été complètement redessiné. Si tu cherches un comparatif, la majorité des résultats Google te présentent Zenchef, TheFork ou Kouver. Trois outils qui n'existent pas au Canada.

Ce guide couvre uniquement les logiciels que tu peux réellement utiliser au Québec en 2026, avec une attention particulière à ce qui compte pour un indépendant : le coût réel, la propriété de tes données clients, l'interface en français et l'intégration avec Reserve with Google.

Une précision sur les chiffres avant de commencer. La quasi-totalité de ces plateformes facturent en dollars américains et ne publient aucun prix canadien. Les montants en CAD ci-dessous sont des conversions à des taux approximatifs de 2026, et ils vont bouger. Quand une plateforme publie un vrai prix canadien, on le dit.

Un des sept outils comparés ici, c'est le nôtre. Lis la section qui nous concerne en sachant ça. Tout ce qui est dans les tableaux est soit un prix publié, soit un fait vérifiable, et on a indiqué nous-mêmes où notre produit tire de l'arrière.

Qui possède quoi (et pourquoi ça te concerne)

Avant de comparer les fonctionnalités, il faut comprendre la carte de propriété. Deux conglomérats contrôlent maintenant la moitié des options disponibles au Canada.

Propriétaire Logiciel(s) Modèle d'affaires
Booking Holdings (BKNG) OpenTable + Libro Marketplace : vente de couverts aux restaurants + réseau de découverte pour les consommateurs
American Express Resy + Tock Avantages cardholders, accès exclusif. Tock a été fusionné dans Resy à l'été 2026
DoorDash SevenRooms Écosystème livraison + réservation. SevenRooms = CRM haut de gamme
TouchBistro (indépendant, Toronto) TouchBistro Reservations Module complémentaire au POS. Pas de marketplace
Yelp (indépendant) Yelp Guest Manager Lié au profil Yelp. Découverte via avis
Eat App (indépendant, Dubaï) Eat App Plateforme autonome. Présence globale
Trudy's Table (indépendant, canadien) Trudy's Table Abonnement fixe. Pas de marketplace

Pourquoi c'est important? Parce que quand ton logiciel de réservation appartient à un conglomérat de livraison, de cartes de crédit ou de voyages, tes données clients servent aussi leur écosystème. Ce n'est pas forcément un problème, mais c'est une réalité qu'il faut connaître avant de signer.

Meilleure expérience client. De plus grosses soirées. 299 $. Une fois seulement.

Trois modèles de tarification, et la question en dessous

Les logiciels de réservation se divisent en trois camps selon la façon dont l'argent circule.

Les marketplaces (OpenTable, Resy, Yelp) font tourner un réseau à deux faces. Des clients s'en servent pour trouver des restaurants, et tu paies pour ce trafic : par couvert, par un abonnement élevé, ou les deux.

Les plateformes CRM (SevenRooms, Eat App) te donnent la propriété de tes données clients et des outils pour bâtir une relation directe. Moins de découverte, plus de contrôle.

Les outils à prix fixe (TouchBistro, Trudy's Table) facturent un montant mensuel prévisible, sans frais par couvert. La facture ne bouge pas selon l'achalandage de ton samedi.

Maintenant, classe-les selon ce qu'ils font pour un mardi soir qui ne remplit pas. La distinction devient pas mal plus claire.

Les marketplaces sont les seules du lot qui stimulent réellement la demande. Elles te mettent devant un client qui ne t'avait pas encore choisi. C'est un vrai service, et les frais par couvert en sont le prix. Le hic, c'est que le compteur ne fait pas la différence entre un client qu'elles t'ont trouvé et un habitué qui aurait téléphoné de toute façon.

Presque tout le reste, c'est de la plomberie de réservation. Les outils à prix fixe et les CRM enregistrent la demande : ils prennent la réservation, bloquent la table, gardent la fiche client, envoient le rappel. Utile, nécessaire et facturé honnêtement. Mais rien dans un plan de salle ou une fiche client ne donne à un mardi à moitié vide une raison de se remplir.

C'est l'écart qui mérite ton attention. La plupart des indépendants n'ont pas besoin d'une marketplace et ne peuvent pas absorber un compteur par couvert, mais ils ont quand même besoin d'un levier.

Les sept options disponibles au Québec

OpenTable vient en premier parce que c'est la plus grosse plateforme au Canada et que, depuis le rachat de Libro, c'est celle vers laquelle bien des restaurateurs québécois sont déplacés sans l'avoir choisie. Ensuite, l'ordre suit simplement le prix, du moins cher au plus cher.

OpenTable (+ Libro)

Depuis le rachat de Libro en avril 2026, OpenTable domine le marché canadien. Libro continue d'opérer comme marque autonome pendant l'intégration, mais les deux plateformes appartiennent à Booking Holdings.

Prix : OpenTable facture un abonnement mensuel plus des frais par couvert sur les réservations provenant de son réseau. Le plan Basic commence à 149 $ US/mois avec 1,50 $ par couvert réseau. Le plan Core monte à 299 $ US/mois (1,00 $/couvert), et le Pro atteint 499 $ US/mois. En dollars canadiens, le plan de base revient à environ 205 $/mois avant les frais par couvert.

Libro offrait des forfaits de 119 $ à 219 $ CAD/mois, sans commission. L'avenir de cette grille tarifaire post-acquisition reste à confirmer.

Pour qui : les restaurants qui veulent maximiser leur découvrabilité via le réseau OpenTable (50 000+ restaurants dans le monde). La contrepartie : tu paies pour chaque couvert que le réseau t'envoie.

Ce qu'il faut surveiller : les frais par couvert s'additionnent vite. Un indépendant de 40 places avec 300 couverts réseau par mois paie 450 $ US en frais de transaction au plan Basic, en plus de l'abonnement. Total : environ 600 $ US/mois (820 $ CAD). Avec des réservations directes (widget sur ton site), les frais par couvert sont moindres ou absents selon le plan.

Trudy's Table

C'est notre produit, donc on est juge et partie. Lis cette section en conséquence. Les chiffres ci-dessous sont vérifiables, et les limites qu'on s'attribue sont réelles.

Prix : 59 $ CAD/mois. Fixe, sans frais par couvert, sans marketplace, sans engagement annuel. C'est le seul prix de ce comparatif publié directement en dollars canadiens plutôt que converti de l'américain.

Ce que ça change pour ta demande : Trudy's Table est un outil à prix fixe qui essaie de ne pas être juste de la plomberie. Deux mécaniques font ce travail.

Les avantages. Tu peux rattacher un avantage gratuit à une réservation et laisser le client le réclamer au moment de réserver. Un verre de bienvenue, une entrée à partager, ce que la cuisine peut absorber. Chaque avantage se rattache à des services précis, à des tailles de groupe et à des plages horaires, alors tu peux en lancer un en début de service qui expire à 18 h, ou un autre réservé aux tables de quatre et plus. La réclamation apparaît sur le plan de salle quand le client arrive, donc le serveur est au courant avant la table. C'est un levier pour un mardi mou qui te coûte du food cost au lieu de frais par couvert.

Les services walk-in. Tu peux marquer un service comme walk-in seulement. Au lieu d'afficher « aucune disponibilité » pour un brunch du dimanche que tu n'as jamais pris en réservation, ta page de réservation dit au client d'entrer, et lui indique la prochaine journée où tu prends des réservations. Tous les logiciels de ce comparatif affichent une grille vide pour un service que tu ne réserves pas, et un client lit une grille vide comme « complet ». C'est une perte silencieuse et impossible à mesurer. Si une partie de ta semaine roule sur la réservation et l'autre sur le walk-in, c'est un modèle hybride qui mérite d'être choisi consciemment plutôt que subi.

Installation : tu n'es pas obligé de dessiner un plan de salle. Tu entres un inventaire de tables (quatre deux-places, six quatre-places) et le système fonctionne là-dessus, avec une vue liste par plage horaire au lieu d'un canevas. Tu construis le plan visuel plus tard si tu en veux un. Pour une salle de 30 places où le proprio fait aussi l'accueil, c'est la différence entre utiliser le logiciel cette semaine et avoir l'intention de le configurer un jour.

Carte enregistrée : la carte est gardée en mémoire, jamais débitée ni bloquée. Rien n'apparaît sur le relevé du client au moment de réserver. En cas de no-show, tu décides après coup si tu factures les frais ou si tu effaces la carte. La plupart des plateformes qui offrent une protection no-show prennent un dépôt ou bloquent un montant, ce que le client voit passer.

Reserve with Google : pas encore. L'intégration est planifiée et l'infrastructure est en place, mais elle n'est pas active. C'est ce qui manque le plus à Trudy's Table face à Eat App à prix comparable. Si la réservation via Google est ta priorité aujourd'hui, c'est une vraie raison de choisir autrement.

Interface en français : oui, entièrement bilingue, conçue comme ça dès le départ plutôt que traduite après coup.

Pour qui : les indépendants qui remplissent surtout leurs tables par Google, le téléphone, Instagram et les habitués, et qui veulent un levier pour les soirs qui ne remplissent pas plutôt qu'une facture plus grosse. Les limites honnêtes : c'est le plus récent du lot, il n'y a pas de réseau de découverte, pas d'intégration POS ni encore Reserve with Google.

Ce que 59 $ CAD/mois inclut
Frais par couvert Aucun
Avantages réclamables à la réservation Oui, par service, taille de groupe et plage horaire
Services walk-in seulement Oui, avec la prochaine date réservable
Plan de salle obligatoire pour démarrer Non, un inventaire de tables suffit
Carte enregistrée Jamais bloquée ni débitée d'avance
Interface Français et anglais
Données clients À toi
Engagement Mensuel

Eat App

Plateforme autonome, basée à Dubaï, avec une présence dans plus de 90 pays.

Prix : plan gratuit jusqu'à 300 couverts par mois, avec plan de salle et widget de réservation. Ensuite Starter à 99 $ US/mois (environ 136 $ CAD), Essential à 199 $ US et Pro à 389 $ US. Rabais d'environ 30 % en facturation annuelle. Aucun frais par couvert, et l'intégration Reserve with Google est incluse même dans les plans d'entrée, ce qui en fait le chemin le moins cher vers la réservation par Google.

Pour qui : les indépendants qui veulent une solution abordable sans engagement à long terme. Le plan gratuit permet de tester. Le CRM et le marketing automatisé sont inclus dans les plans supérieurs.

Ce qu'il faut surveiller : le support est en anglais. La communauté d'utilisateurs au Canada est plus petite que celle d'OpenTable ou de TouchBistro. Moins de ressources et de documentation en français.

Yelp Guest Manager

Yelp intègre la gestion des réservations et la liste d'attente directement dans son écosystème d'avis.

Prix : le plan de base est à 99 $ US/mois (environ 136 $ CAD) et le plan Plus à 299 $ US/mois (environ 410 $ CAD). Pas de frais par couvert. La réservation se fait via le profil Yelp du restaurant. Yelp offre régulièrement des promotions, souvent conditionnelles à un engagement de douze mois.

Pour qui : les restaurants dont la clientèle utilise Yelp pour la découverte. La plateforme combine réservations, liste d'attente et gestion des avis. Fonctionne bien en contexte anglophone (Toronto, Vancouver). Au Québec, Yelp est beaucoup moins utilisé que Google pour la recherche de restaurants : la portée est limitée.

Ce qu'il faut surveiller : l'interface est en anglais seulement. La pénétration de Yelp au Québec est faible comparée au reste du Canada. Si tes clients cherchent sur Google plutôt que sur Yelp, la valeur de découverte est proche de zéro.

TouchBistro Reservations

TouchBistro est une entreprise canadienne (Toronto) qui offre un module de réservation intégré à son système de caisse.

Prix : 229 $ CAD/mois, forfait tout inclus. Pas de frais par couvert, pas de frais d'intégration POS (si tu utilises déjà TouchBistro comme caisse). Le prix est le même que tu prennes 10 ou 500 réservations par mois.

Pour qui : les indépendants qui utilisent déjà TouchBistro comme POS et qui veulent tout centraliser. Le prix fixe rend les coûts prévisibles. Pas de marketplace de découverte : tes réservations viennent de ton site, de Google, ou du téléphone.

Ce qu'il faut surveiller : si tu n'es pas client TouchBistro pour la caisse, tu devras aussi payer le POS (à partir de 69 $ CAD/mois). L'intégration Reserve with Google est disponible.

Resy / Tock

Resy appartient à American Express, qui a fusionné Tock dans Resy à l'été 2026. C'est le deuxième pôle de consolidation de l'industrie, distinct de DoorDash, qui a acheté SevenRooms de son côté. La fusion ajoute les réservations prépayées, les événements à billets et les expériences à plusieurs paliers.

Prix : Le plan Platform commence à 249 $ US/mois (environ 340 $ CAD). Le Platform 360 monte à 399 $ US/mois. Le Full Stack, avec reporting personnalisé et intégration POS, atteint 899 $ US/mois. Aucun frais par couvert.

Pour qui : les restaurants haut de gamme et les établissements qui veulent accéder au réseau de cardholders AmEx. Resy est concentré dans les grandes métropoles et le fine dining. À Montréal, plusieurs restaurants reconnus l'utilisent. Pour un bistro de quartier à 40 places? Probablement trop cher et trop orienté vers un marché qui n'est pas le tien.

Ce qu'il faut surveiller : l'interface n'est pas disponible en français. La fusion avec Tock pourrait changer les prix et les fonctionnalités.

SevenRooms

Acquis par DoorDash pour 1,2 milliard $ US, SevenRooms est la plateforme la plus complète en CRM et gestion des relations clients. DoorDash a depuis lancé DoorDash Reservations comme canal de découverte, sans commission, inclus avec l'abonnement.

Prix : à partir de 499 $ US/mois (environ 685 $ CAD). Pas d'essai gratuit, pas de plan d'entrée de gamme.

Pour qui : les groupes de restauration et les établissements haut de gamme qui veulent un CRM avancé avec marketing automatisé, profils clients détaillés et intégration POS (Toast, Lightspeed, NCR). Plus de 100 intégrations disponibles.

Ce qu'il faut surveiller : à 685 $ CAD/mois minimum, c'est un outil conçu pour des opérations qui génèrent assez de volume pour justifier l'investissement. Pour un indépendant à une seule adresse, la valeur est difficile à extraire. L'appartenance à DoorDash signifie aussi que tes données clients alimentent un écosystème plus large.

Comparatif : ce qui compte pour un indépendant au Québec

Critère OpenTable Trudy's Table Eat App Yelp TouchBistro Resy SevenRooms
Prix mensuel (CAD approx.) 205 $+ et couverts 59 $ 0 $ (300 couverts) 136 $+ 229 $ 340 $+ 685 $+
Prix canadien publié Non Oui Non Non Oui Non Non (sur devis)
Frais par couvert Oui (réseau) Non Non Non Non Non Non
Interface en français Oui Oui Non Non Oui Non Partiel
Reserve with Google Oui Pas encore Oui Via partenaires Oui Oui Oui
Marketplace de découverte Oui (large) Non Non Oui (Yelp) Non Oui (fine dining) Oui (DoorDash)
POS intégré Via partenaires Non Via intégrations Non Oui (TouchBistro) Via partenaires Via intégrations
Propriétaire Booking Holdings Indépendant Indépendant Indépendant Indépendant American Express DoorDash
Données clients Partagées (réseau) Au restaurant Au restaurant Partagées (Yelp) Au restaurant Partagées (réseau) Au restaurant, avec réserves
Contrat minimum Variable Mensuel Mensuel 12 mois (promo) Mensuel Variable Annuel (typique)

Deux prix seulement de cette rangée sont publiés en dollars canadiens : TouchBistro et Trudy's Table. Pour tous les autres, tu fais la conversion toi-même et tu absorbes le taux de change.

Le coût réel sur 12 mois : deux scénarios

Les prix mensuels ne racontent qu'une partie de l'histoire. Voici ce que ça donne sur un an pour un bistro de 40 places qui fait environ 250 réservations par mois (500 couverts).

Scénario 1 : 30 % des réservations viennent du réseau (marketplace)

Logiciel Abonnement annuel Frais par couvert (annuels) Total annuel (CAD approx.)
Trudy's Table 708 $ 0 $ 708 $
Eat App Starter 1 632 $ 0 $ 1 632 $
Yelp Guest Manager 1 632 $ 0 $ 1 632 $
OpenTable Basic 2 460 $ 3 700 $ (150 couverts/mois × 1,50 $ US × 12, converti en CAD) 6 160 $
TouchBistro 2 748 $ 0 $ 2 748 $
Resy Platform 4 080 $ 0 $ 4 080 $
SevenRooms 8 220 $ 0 $ 8 220 $

Le plan gratuit d'Eat App couvre 300 couverts par mois. Le scénario ici en fait 500, donc c'est le plan Starter qui s'applique. En dessous de 300, c'est réellement gratuit.

Scénario 2 : 100 % des réservations sont directes (widget, téléphone, Google)

Logiciel Total annuel (CAD approx.)
Trudy's Table 708 $
Eat App Starter 1 632 $
Yelp Guest Manager 1 632 $
OpenTable Basic 2 460 $
TouchBistro 2 748 $
Resy Platform 4 080 $
SevenRooms 8 220 $

La leçon? Si tu génères tes propres réservations (via ton site, ta page Google ou le bouche-à-oreille), les frais par couvert d'OpenTable ne s'appliquent pas et le coût devient comparable aux autres. Mais si tu dépends du réseau OpenTable pour la découverte, la facture grimpe rapidement.

L'écart entre le haut et le bas du tableau tourne autour de 7 500 $ par année. À 4 % de marge nette, c'est le profit d'environ 187 000 $ de ventes. Peu importe ton choix, cet argent s'en va chez un fournisseur ou reste dans ton commerce.

Ce qui change quand tu achètes ça au Québec

La plupart des comparatifs que tu vas trouver sont écrits pour un restaurant américain et tiennent pour acquis que tu en es un. Quatre choses changent ici, et aucune n'apparaît dans une liste de fonctionnalités.

Tu achètes dans une devise que tu ne gagnes pas. Cinq des sept plateformes ne publient que des prix en dollars américains. Tes revenus sont en dollars canadiens, ta facture logicielle ne l'est pas, et un mouvement discret de 5 % du taux de change devient une augmentation que tu n'as pas approuvée. La plupart des cartes d'affaires canadiennes ajoutent des frais de conversion d'environ 2,5 % par-dessus, que personne ne te chiffre. Sur un abonnement de 340 $ US, c'est à peu près 100 $ par année qui n'apparaîtront jamais sur une ligne de ton état de compte. Ça va dans le même panier que le reste de ce que tes logiciels de resto te coûtent vraiment.

Trois plateformes sur sept fonctionnent en français. Pour un resto québécois, ce n'est pas une préférence : c'est la question de savoir si ton équipe peut utiliser l'outil et si ton client reçoit une page de réservation dans la langue qu'il attend. OpenTable a hérité du français par Libro, TouchBistro l'a, Trudy's Table l'a. Eat App est en anglais seulement, avec un support sur les heures d'affaires du Moyen-Orient, ce qui compte quand ton problème de service arrive un vendredi à 19 h. C'est aussi une pièce du coût de la conformité linguistique que peu de gens additionnent.

Les frais de no-show sont encadrés différemment ici. Le Québec a des règles sur ce qu'un restaurant peut facturer à un client qui ne se présente pas. Une plateforme conçue aux États-Unis applique une logique américaine par défaut, alors vérifie ce qu'elle te permet réellement de charger avant de bâtir ta politique dessus. On a traité séparément de la confirmation de réservation comme outil anti-no-show.

Les réseaux de découverte sont plus minces que leurs chiffres le laissent croire. Les 50 000 restaurants d'OpenTable et le réseau de Resy sont des chiffres mondiaux. Ce qui compte, c'est combien de clients ouvrent cette application dans ta ville. À Montréal, les marketplaces sont réellement actives. À Trois-Rivières, à Saguenay ou à Rimouski, tu paies peut-être un prix de réseau pour un réseau qui n'est pas là. Avant de signer une entente par couvert, cherche ton propre quartier dans l'application et compte les résultats. Yelp mérite le même test : sa pénétration au Québec est faible comparée au reste du Canada.

La question que personne ne pose : qui possède tes clients?

Les comparatifs habituels s'arrêtent aux fonctionnalités et aux prix. C'est la moitié de l'équation.

Quand un client réserve via le réseau OpenTable, OpenTable possède cette relation. Le client reçoit des courriels d'OpenTable, voit des suggestions d'autres restaurants, et peut repartir vers un concurrent en deux clics. Tu paies pour le couvert, mais tu ne construis pas ta base de données.

Quand un client réserve via ton widget (TouchBistro, Eat App, SevenRooms, ou même le widget direct OpenTable/Resy), tu possèdes cette relation. Son courriel, ses préférences, son historique de visites : tout ça, c'est ton CRM. Tu peux lui envoyer des infolettres, des offres d'anniversaire, des invitations pour des événements.

Pour un indépendant, la différence est structurelle. Le réseau de découverte est utile pour attirer de nouveaux clients. Mais si 100 % de tes réservations passent par une marketplace, tu loues ta clientèle au lieu de la construire.

La stratégie qui fonctionne pour la plupart des indépendants : utiliser la marketplace pour l'acquisition (les nouveaux clients te trouvent via OpenTable ou Google), puis migrer les clients récurrents vers tes canaux directs (widget sur ton site, réservation via Google Business Profile, texto).

Reserve with Google : le critère qu'on sous-estime

62 % des consommateurs utilisent Google pour chercher un restaurant. Si ton logiciel de réservation s'intègre à Reserve with Google, un client peut réserver directement depuis Google Maps ou la recherche Google, sans quitter la page. Pas de friction, pas de redirection.

Au Québec, après le lancement du Guide Michelin, les restaurants sur Libro ont vu leurs réservations augmenter de plus de 400 %, avec les réservations hors province qui ont presque triplé. Reserve with Google est un accélérateur de découvrabilité.

Parmi les logiciels comparés ici, OpenTable, Resy, SevenRooms, TouchBistro et Eat App offrent une intégration Google. Yelp y arrive par des partenaires. Trudy's Table ne l'offre pas encore. Autrement dit, ce n'est plus un critère qui départage grand monde : ce qui varie, c'est le prix auquel tu y accèdes. Eat App l'inclut dès son plan gratuit, TouchBistro à 229 $ CAD et Resy à 340 $, tandis qu'OpenTable te facture des couverts par-dessus. À vérifier quand même auprès du fournisseur, parce que la disponibilité varie selon les pays. C'est un critère important si ta stratégie de SEO local et de découverte par IA mise sur Google comme canal principal.

Une nuance sur OpenTable, par contre. Leur propre documentation définit un couvert réseau comme une réservation faite par « l'application OpenTable, le site web ou des liens partenaires comme Google ou TripAdvisor ». Lu simplement, ça veut dire qu'une réservation prise à partir de ta fiche Google peut être facturée au tarif réseau par couvert plutôt qu'au tarif plus bas de ton propre site. OpenTable n'a jamais publié de ligne nommant Reserve with Google explicitement, alors traite ça comme ce que le modèle laisse entendre, pas comme un frais confirmé, et pose la question avant de signer. On décortique toute la grille dans Les tarifs d'OpenTable, expliqués.

Que fait le logiciel un soir qui ne remplit pas?

C'est la question que la plupart des comparatifs sautent, y compris ceux écrits par des fournisseurs. Regarde un mardi de février avec onze couverts au livre. Un plan de salle n'aide pas. Une fiche client n'aide pas. Une liste d'attente encore moins. La plupart de ces outils vont enregistrer onze couverts avec application, puis te sortir un rapport là-dessus.

Les marketplaces sont la réponse honnête à ce problème, et elles facturent en conséquence. Le reste du peloton te demande de le régler toi-même, par courriel, par Instagram ou avec une ardoise sur le trottoir. Peu importe ton choix, sache lequel des deux tu achètes, parce que le prix mensuel ne te le dit pas.

Comment choisir : trois profils, trois recommandations

Tu ouvres ton premier resto et tu veux garder ça simple? Commence avec Eat App (plan gratuit) ou Trudy's Table à 59 $. Tu n'as pas besoin d'une marketplace pour commencer : tes premiers clients viendront du bouche-à-oreille, de Google et d'Instagram. Si Reserve with Google est ta priorité tout de suite, Eat App est le chemin le moins cher pour y arriver. Si tu tiens à une interface française et à un plancher de configuration bas, regarde de notre côté.

Tu as un restaurant établi et tu veux plus de nouveaux clients? OpenTable reste le réseau de découverte le plus large au Canada. Le coût par couvert est réel, mais si ça remplit tes tables le mardi soir, c'est un investissement mesurable. Traite-le comme du placement publicitaire : calcule ton coût d'acquisition par couvert réseau et sois sévère avec le résultat. Si le chiffre ne tient pas, tu paies une commission de référencement sur des clients qui savaient déjà où tu étais.

Tu es haut de gamme ou tu vises une clientèle fine dining? Resy ou SevenRooms. Le CRM avancé de SevenRooms justifie le prix si tu construis une expérience personnalisée autour de chaque visite. Resy te connecte au réseau AmEx et au segment fine dining. Les deux sont chers, mais ils ciblent une clientèle qui dépense en conséquence.

Dans tous les cas, vérifie quatre choses avant de signer : l'interface est-elle disponible en français (important pour ton équipe)? L'intégration Reserve with Google est-elle incluse? Tes données clients t'appartiennent-elles, ou alimentent-elles le réseau du fournisseur? Et l'outil se contente-t-il d'enregistrer tes réservations, ou t'aide-t-il à en générer? La plupart des outils à prix fixe sont de la plomberie de réservation : ils prennent la réservation et ne t'aideront jamais à en obtenir une. C'est correct si c'est ce que tu veux. Évite juste de payer une prime pour un outil de gestion en espérant qu'il remplisse ta salle.

Le pire choix, c'est celui par défaut : prendre l'outil du voisin sans avoir fait le calcul sur ton propre volume.

Sources : TouchBistro, BetaKit, Fast Company, Restaurant Dive, OpenTable, Eat App, Libro.

Les prix sont ceux de 2026. Les montants en CAD marqués « approx. » sont convertis de prix publiés en dollars américains et bougeront avec le taux de change. Valide le prix courant auprès du fournisseur avant de signer.

Trudy's Table n'est ni affiliée, ni endossée, ni commanditée par OpenTable, Libro, Resy, Tock, American Express, SevenRooms, DoorDash, TouchBistro, Eat App ou Yelp. Tous les noms de produits et d'entreprises sont des marques de commerce de leurs propriétaires respectifs, mentionnés ici à des fins d'identification et de comparaison.


Questions fréquentes

Quel logiciel de réservation est disponible en français au Québec?

OpenTable (par Libro), TouchBistro et Trudy's Table offrent une interface en français. Resy, Yelp Guest Manager et Eat App fonctionnent en anglais seulement. SevenRooms offre un support partiel. Pour une équipe unilingue francophone, ce sont les trois premiers qui sont praticables.

Combien coûte un logiciel de réservation pour un restaurant indépendant au Québec?

Les prix vont de 0 $ (plan gratuit d'Eat App, jusqu'à 300 couverts par mois) à plus de 685 $ CAD/mois (SevenRooms). Trudy's Table est à 59 $ CAD/mois, TouchBistro à 229 $ CAD/mois. Certains logiciels ajoutent des frais par couvert (OpenTable : 1 $ à 1,50 $ US par couvert réseau), ce qui peut ajouter de 100 $ à 600 $ par mois selon le volume. À noter : seuls TouchBistro et Trudy's Table publient un prix en dollars canadiens, les autres facturent en dollars américains.

Qu'est-ce que Reserve with Google et pourquoi c'est important?

Reserve with Google permet aux clients de réserver directement depuis Google Maps ou la recherche Google, sans quitter la page. C'est un accélérateur de découvrabilité : 62 % des consommateurs utilisent Google pour chercher un restaurant. OpenTable, Resy, SevenRooms, TouchBistro et Eat App offrent une intégration Google, et Yelp y arrive par des partenaires. Trudy's Table ne l'offre pas encore. Ce qui varie surtout, c'est le prix : Eat App l'inclut dès son plan gratuit. La disponibilité peut varier selon les pays, alors valide auprès du fournisseur.

Que va-t-il arriver aux restaurants sur Libro après le rachat par OpenTable?

Libro continue d'opérer comme marque autonome pendant l'intégration avec OpenTable. Les fonctionnalités et les prix actuels de Libro restent en place pour le moment, mais l'évolution à moyen terme dépendra de la stratégie d'OpenTable pour le marché canadien. Les restaurants sur Libro gagnent accès au réseau de découverte OpenTable.

Est-ce qu'un restaurant indépendant a besoin d'une marketplace comme OpenTable?

Pas nécessairement. Si tes clients te trouvent déjà via Google, le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux, un logiciel sans marketplace (TouchBistro, Eat App) suffit et coûte moins cher. Une marketplace est surtout utile pour remplir les créneaux creux (mardi soir, premières semaines d'ouverture) et attirer des clients qui ne te connaissent pas encore.

Étiquettes
réservationlogiciel restaurantcomparatifOpenTableLibroTouchBistroResytechno restoindépendant
Retour au blogue

Pour continuer la lecture

Frais par personne assise sur les réservations qui arrivent par les canaux d'OpenTable
Couts et operations

Les tarifs d'OpenTable, expliqués

OpenTable publie trois forfaits sur son site américain : 149 $ US, 299 $ US et 499 $ US par mois, plus des frais par personne assise sur les réservations qui arrivent par ses propres canaux. Des frais de service de 2 % s'appliquent aux transactions traitées par la plateforme. Aucun tarif canadien n'est publié : sur opentable.ca, les deux forfaits offerts affichent « Contactez-nous pour connaître les tarifs ».

30 juillet 2026

Carnet de réservation ouvert dans un restaurant, données clients et conformité Loi 25 au Québec
Marketing restaurant

Données clients et Loi 25 : ton restaurant est-il conforme?

La Loi 25 est pleinement en vigueur au Québec et s'applique à tous les restaurants, peu importe leur taille. Chaque réservation, chaque profil client, chaque carte enregistrée est un renseignement personnel encadré par la loi. Voici ce que tu dois savoir pour collecter, conserver et détruire ces données correctement, sans te noyer dans le juridique.

17 juillet 2026

Cuisinier et serveur dans un moment de complicité pendant une pause entre deux services
Couts et operations

Garder ton monde sans augmenter les salaires

Le roulement en restauration au Québec dépasse 75 % par année. Chaque départ coûte entre 3 500 $ et 5 800 $. Pour un resto indépendant de 12 personnes, ça représente 25 000 $ à 40 000 $ par an en coûts invisibles. Cinq leviers concrets, à coût nul ou minimal, permettent de renverser la tendance : horaires prévisibles, reconnaissance régulière, formation croisée, communication d'équipe et petits avantages ciblés.

5 juillet 2026

Comptoir de cuisine commerciale avec emballages de livraison prêts pour le service
Ouvrir un restaurant

Cuisine fantôme au Québec : guide de démarrage

Trois façons de lancer une cuisine fantôme au Québec : louer un espace partagé (20 000 $ à 60 000 $), aménager un local dédié (60 000 $ à 100 000 $+), ou utiliser ta cuisine existante (presque zéro). Le permis MAPAQ est le même qu'un restaurant traditionnel. Pour un indépendant qui a déjà une salle, tester un concept virtuel depuis ta propre cuisine est le chemin le plus intelligent.

17 juin 2026

Cuisine de restaurant vide au crépuscule, tablier posé sur le comptoir
Couts et operations

Fermer ou pivoter ton resto : le vrai cadre de décision

Quatre mille restaurants canadiens vont fermer en 2026. Mais la plupart des propriétaires qui ferment prennent la décision trop tard, ou pour les mauvaises raisons. Ce guide distingue les signaux financiers réels des pièges émotionnels, et présente les options de pivot concrètes avant d'en arriver là.

2 juin 2026

50 places seulement

Des restos partout au Québec s'inscrivent

Tout ce qu'il te faut. 299 $. Une fois seulement.

Avantages, ajouts, cartes-cadeaux no-show, carte enregistrée et rappels automatisés. Tout pour une meilleure expérience client et de plus grosses soirées. Paiement unique. Pas d'abonnement. 50 premiers restaurants seulement.

Commencer avec Trudy