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Cartes-cadeaux des Fêtes au resto : un plan pour janvier

Par Pete Ross8 octobre 202611 min de lecture
Une petite enveloppe glissée dans le livre de réservations d'un resto, près d'une tuque accrochée à l'entrée

La meilleure promotion de cartes-cadeaux des Fêtes pour un resto tient en une phrase : une carte-cadeau vendue à pleine valeur, avec une carte-boni datée qui vaut seulement de janvier à la mi-mars. Au Québec, la carte-cadeau payée ne peut pas expirer. La carte-boni, remise gratuitement, n'est pas visée par ces règles. Tout le plan tient dans cet écart.

Une carte-cadeau des Fêtes, c'est une réservation de janvier payée en décembre. Vends-la comme un cadeau, mais pense-la comme une réservation. La première question à te poser, c'est donc : quelle semaine de janvier veux-tu remplir?

Pourquoi les Fêtes pèsent-elles aussi lourd?

Parce que les achats sont concentrés, et les retours aussi. Aux États-Unis, un resto de type décontracté fait plus de la moitié de ses ventes annuelles de cartes-cadeaux au quatrième trimestre, et près de 40 % des cartes reviennent au premier. Ce sont des chiffres américains (Credit Suisse, rapportés par Nation's Restaurant News). On n'a rien trouvé d'équivalent pour les restos d'ici.

Ce qu'on a, c'est le portrait des acheteurs. Dans le sondage Léger de 2025 pour le Conseil canadien du commerce de détail, 47 % des Canadiens prévoyaient acheter des cartes-cadeaux pour les Fêtes, contre 42 % l'année d'avant. Au Québec, le budget des Fêtes était le plus petit des régions sondées : 620 $, soit 20 % de moins qu'en 2024, quand la moyenne canadienne tournait autour de 975 $. Et 84 % des Québécois se disaient plus enclins à acheter en promotion, contre 76 % ailleurs au pays.

Lis ces deux chiffres ensemble. Un budget serré et un acheteur qui cherche l'aubaine : une carte de 50 $ ou de 100 $ pour un resto qu'il aime déjà entre bien dans ce budget-là. Et la carte-boni lui donne son aubaine sans que tu baisses tes prix d'un seul dollar.

Voici ce qui mérite qu'on s'y arrête. L'argent rentre dans ton mois le plus occupé, et les clients arrivent dans ton mois le plus tranquille. C'est un cadeau. C'est aussi un piège, on y revient plus bas.

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Qu'est-ce que la loi dit au Québec?

La Loi sur la protection du consommateur encadre les cartes prépayées depuis le 30 juin 2010. L'Office de la protection du consommateur (OPC) résume les règles pour les commerçants, et elles sont courtes.

Règle Carte-cadeau payée Carte-boni remise gratuitement
Date d'expiration Interdite. Tu ne peux pas non plus décider qu'elle devient inutilisable après deux ans. Pas visée par la loi : tu peux y mettre des dates.
Frais d'activation ou d'utilisation Interdits pour une carte valide chez un seul commerçant. Sans objet.
Solde de 5 $ ou moins Tu le rembourses quand le client le demande. Aucune valeur en argent. Écris-le dessus.
Renseignements Conditions d'utilisation et façon de vérifier le solde, sur la carte ou par écrit, avant la vente. Rien d'exigé, mais écris tout quand même.
TPS et TVQ Aucune taxe à la vente. Les taxes se calculent sur le repas, le jour où la carte est utilisée. Demande à ta comptable comment la passer à la caisse.

La colonne de droite repose sur une phrase de l'OPC : « Seules les cartes prépayées pour lesquelles les consommateurs doivent payer sont visées par la loi. » Celles remises gratuitement ne sont pas soumises à ces règles.

Une nuance honnête : ta carte-boni est remise à l'achat d'une carte-cadeau. Quelqu'un pourrait plaider qu'elle n'est pas tout à fait gratuite. Trois précautions rendent la chose claire pour tout le monde :

  • La carte-cadeau reste à pleine valeur. Le client paie 100 $, la carte vaut 100 $. Il n'a rien payé pour la carte-boni.
  • Les deux cartes ne se ressemblent pas. Écris « Carte-boni » dessus, jamais « Carte-cadeau ». Écris les dates, « en salle seulement », « aucune valeur en argent » et « une par table ».
  • Tu n'en vends jamais. Une carte-boni vendue devient une carte payée, et elle ne peut plus expirer.

C'est notre lecture des pages de l'OPC, pas un avis juridique. L'Office répond aux questions des commerçants : un appel avant d'imprimer, c'est vite fait.

C'est aussi pour ça qu'on laisse tomber le classique « 100 $ pour 80 $ ». Une carte vendue au rabais reste une carte payée. Elle n'expire jamais, tu as donné un cinquième de ton argent le jour de la vente, et tu ne sais toujours pas quand le client va venir.

C'est quoi, l'offre?

Pour une salle de 40 places où un souper pour deux tourne autour de 110 $ avant taxes :

Achète 100 $ en cartes-cadeaux entre le 16 novembre et le 24 décembre, reçois une carte-boni de 20 $. La carte-boni est valide en salle du 4 janvier au 14 mars.

Trois décisions se cachent là-dedans.

La carte-boni va à l'acheteur. Lui, il t'aime déjà. La personne qui reçoit le cadeau, elle, ne te connaît peut-être pas. Une vente, deux visites, deux clients différents.

Les dates font le travail. Le 4 janvier est le premier lundi après le jour de l'An. Le 14 mars, dix semaines plus tard, la relâche est passée et les gens recommencent à sortir d'eux-mêmes. Ajuste la fenêtre à ton creux à toi. Un resto au pied des pentes n'a pas le même mois de février qu'un comptoir du centre-ville.

La Saint-Valentin est exclue. En 2027, le 14 février tombe un dimanche. Ta salle sera pleine du vendredi au dimanche sans aide. Écris « non valide du 12 au 14 février » sur la carte-boni et garde ces tables à plein prix.

Pour les montants, vise un vrai repas. Avec les taxes et le pourboire, ce souper à 110 $ finit près de 150 $. Offre 50 $, 100 $ et 150 $, et fais de 100 $ le choix déjà sélectionné en ligne.

À quoi ressemble le calendrier, semaine par semaine?

Commence en octobre. La fenêtre de vente est plus courte qu'elle en a l'air.

Quand (2026) Quoi faire
D'ici le 31 octobre Cartes-cadeaux en ligne et testées à la caisse. Cartes-boni imprimées. Conditions écrites. Chez Square, par exemple, les cartes numériques se configurent gratuitement et les cartes physiques partent de 0,66 $ chacune, sans frais mensuels, avec des frais de chargement de 2,5 % en plus des frais de traitement habituels.
Du 2 au 13 novembre Écris à trois ou quatre bureaux du coin pour les cadeaux d'employés (détails plus bas). Ajoute un lien « cartes-cadeaux » à ton site, à ta fiche Google et à ta confirmation de réservation.
16 novembre L'offre ouvre. Un courriel à ta liste, une publication, un carton dans chaque porte-addition.
Du 27 au 30 novembre Vendredi fou et Cyberlundi. Pour 55 % des Québécois, le Vendredi fou est la journée de magasinage la plus importante de la saison. Ton deuxième courriel part ici.
Du 1er au 19 décembre Ton staff le mentionne à chaque table qui a passé une belle soirée : « On a des cartes-cadeaux, s'il te reste du monde sur ta liste. » Les organisateurs de partys de bureau se le font offrir deux fois.
Du 20 au 24 décembre Numérique seulement. « Livrée dans sa boîte de courriels en une minute », c'est tout le message. Tu parles maintenant à celui qui a oublié.
Du 26 décembre au 3 janvier Rien. Compte ce que tu as vendu et déplace ta réserve (section sur l'argent).
Du 4 janvier au 14 mars Les cartes-boni sont actives. Compte-les chaque semaine. Demande un courriel à chaque nouveau client qui paie avec une carte-cadeau.

Deux courriels et quelques publications, c'est assez. Si ta liste est à bâtir, notre guide de l'infolettre couvre le consentement, et un seul texto à tes habitués inscrits, le 22 décembre, suit les mêmes règles que n'importe quelle campagne par texto.

Qui achète douze cartes d'un coup?

Les employeurs. Et la fiscalité québécoise te donne un coup de pouce.

Selon Revenu Québec, un cadeau offert autrement qu'en argent pour une occasion spéciale comme Noël n'est pas imposable pour l'employé jusqu'à 500 $ par année, taxes incluses. Une carte-cadeau qui doit être utilisée chez un ou plusieurs commerçants identifiés n'est pas considérée comme facilement convertible en argent. Elle compte donc comme un cadeau, pas comme du salaire. Et le coût reste entièrement déductible pour l'employeur, tant qu'il est raisonnable.

Une carte valide seulement chez toi coche la case. Écris « non échangeable contre de l'argent » dans tes conditions. Garde simplement en tête qu'au Québec, un solde de 5 $ ou moins se rembourse sur demande. C'est la loi, et ça ne change rien au cadeau.

Ensuite, rends la commande facile. Une dentiste avec huit employés, un bureau de notaires de douze personnes, l'équipe de courtiers qui réserve ta grande table chaque décembre : ils veulent une seule facture, des cartes dans des enveloppes et une livraison avant le 11 décembre. Une carte de 100 $ pour douze personnes, c'est une vente de 1 200 $, et douze cartes-boni pour la personne qui a signé le chèque.

Le fédéral a sa propre politique, avec ses conditions. Dis à l'employeur de valider le tout avec sa comptable, et arrête-toi là.

Comment l'argent revient-il en janvier?

Fais le calcul sur une saison modeste. Disons 12 000 $ de cartes-cadeaux vendues entre la mi-novembre et le 24 décembre, toutes avec l'offre décrite plus haut.

Ligne Chiffre Calcul
Cartes-cadeaux vendues 12 000 $ 120 tranches de 100 $
Cartes-boni remises 120 cartes, 2 400 $ de valeur 20 $ chacune
Cartes-boni utilisées avant le 14 mars 72 Notre hypothèse : 60 %
Valeur retirée de ces additions 1 440 $ 72 × 20 $
Ce que ça te coûte en nourriture Environ 460 $ À 32 % de coût des aliments
Ventes payées à ces 72 tables 6 480 $ 72 × (110 $ − 20 $)
Cartes-cadeaux utilisées de janvier à mars Environ 4 800 $ 40 % de 12 000 $, selon la tendance américaine

Soixante-douze tables de plus en dix semaines, ça fait environ sept par semaine. En février, sept tables, c'est un mardi qui se paie tout seul.

Compare avec le rabais. Vendre 12 000 $ de valeur à 20 % de moins te coûte 2 400 $ en argent, tout de suite, sans aucune date de retour. La carte-boni coûte environ 460 $ en nourriture et vient avec un calendrier. Soyons justes : si une table avec carte-boni était venue en janvier de toute façon, à plein prix, cette carte t'a coûté les 20 $ au complet. Ça arrivera. La plupart des tables de janvier, elles, ne seraient pas venues.

Maintenant, le piège. Ces 4 800 $ de cartes-cadeaux vont passer dans ta caisse cet hiver comme des ventes, mais l'argent est rentré avant Noël. Les taxes aussi se présentent à ce moment-là : rien à percevoir en décembre, la TPS et la TVQ se calculent quand le repas est servi. Si les dépôts de décembre ont payé la réparation du four et le party du staff, tu vas cuisiner en février pour de l'argent déjà dépensé.

Notre position est simple : mets de côté ton coût des aliments sur chaque carte vendue. À 32 %, ça fait 3 840 $ sur 12 000 $, déplacés dans un compte séparé le 26 décembre et libérés à mesure que les cartes reviennent. Ne compte pas non plus sur les cartes qui ne reviendront jamais. Il y en aura, mais une carte qui ne peut pas expirer reste une dette tant que quelqu'un ne l'a pas mangée. Dans tes livres, c'est un passif, pas une vente. Demande à ta comptable de créer ce compte avant novembre. Si ta tenue de livres est encore à organiser, commence par là.

Ajoute une ligne aux chiffres que tu vérifies chaque semaine, de janvier à mars : les dollars de cartes-cadeaux utilisés, et le nombre de cartes-boni rentrées.

Qu'est-ce qui se passe une fois la carte dépensée?

C'est ici que la saison rapporte, ou pas. Le client de janvier qui arrive avec une carte-cadeau, c'est un inconnu que quelqu'un t'a recommandé avec son propre argent.

Traite cette première visite comme une audition pour la deuxième. Que ton serveur demande qui a offert la carte. Demande un courriel, avec un consentement clair (les règles sont dans notre article sur la Loi 25). Si tu as un programme de fidélité, inscris ce client avant de fermer l'addition, pour que la visite qui ne lui a rien coûté compte vers celle qu'il paiera.

Un piège à éviter : que la carte-boni devienne une habitude de rabais sur tes soirs tranquilles. Elle fonctionne parce qu'elle est rare, qu'elle se mérite en offrant un cadeau et qu'elle finit à une date précise. Pour le reste de l'année, il y a des promotions qui remplissent tes soirs creux sans brader ton menu.

Ta salle sera pleine en décembre, peu importe ce que tu fais. Le plan, c'est pour les dix semaines d'après.


Sources : Office de la protection du consommateur, Revenu Québec, cartes-cadeaux et taxes, Revenu Québec, cadeaux et récompenses, Noovo Info, sondage Léger pour le CCCD, Retail Insider, Nation's Restaurant News, Square Canada.


Questions fréquentes

Quelle est la meilleure promotion de cartes-cadeaux des Fêtes pour un restaurant?

Une carte-cadeau à pleine valeur avec une carte-boni datée : à l'achat de 100 $, une carte-boni de 20 $ valide du début janvier à la mi-mars. L'acheteur garde la carte-boni et offre la carte-cadeau, donc une vente amène deux visites. Ça coûte beaucoup moins qu'un rabais et ça remplit les semaines tranquilles.

Une carte-cadeau de restaurant peut-elle expirer au Québec?

Non. La Loi sur la protection du consommateur interdit toute date d'expiration sur une carte-cadeau payée, et le commerçant ne peut pas la rendre inutilisable après une période donnée. Les frais d'activation et d'utilisation sont aussi interdits pour une carte valide chez un seul commerçant, et un solde de 5 $ ou moins se rembourse sur demande.

Une carte-boni peut-elle avoir une date d'expiration au Québec?

Selon l'Office de la protection du consommateur, seules les cartes prépayées que le consommateur paie sont visées par la loi. Une carte remise gratuitement n'est pas soumise à ces règles et peut porter des dates. Garde la carte-cadeau à pleine valeur, écris « Carte-boni » et les conditions dessus, et n'en vends jamais.

Faut-il percevoir la TPS et la TVQ en vendant une carte-cadeau?

Non. Selon Revenu Québec, la vente d'une carte-cadeau n'est pas taxable. La TPS et la TVQ se calculent sur le prix du repas quand la carte est utilisée, comme si le client payait comptant. La valeur de la carte est simplement déduite du total, taxes comprises.

Une carte-cadeau de restaurant offerte par un employeur est-elle imposable?

Au Québec, un cadeau offert autrement qu'en argent pour une occasion comme Noël n'est pas imposable jusqu'à 500 $ par année, taxes incluses. Une carte-cadeau à utiliser chez un commerçant identifié n'est pas considérée comme facilement convertible en argent. Le fédéral a ses propres conditions, à valider avec un comptable.

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